Conclusion et Chronologie

CONCLUSION :

Depuis le milieu du XVIIIe siècle, le site castral de Châteauneuf a été peu modifié. L’actuel propriétaire du château de Châteauneuf s’attache à restaurer avec soin ce monument chargé d’histoires, qui n’est pas ouvert à la visite. Ce site présente un intérêt architectural non négligeable en raison de la diversité de styles architecturaux qui se succèdent sur un même espace et permettent d’observer une évolution continue depuis le XIe siècle.
Comme beaucoup d’autres châteaux ayant un important passé militaire, les progrès de l’artillerie ainsi que les bouleversements politiques et sociaux de la fin du XVIe siècle ont amorcé la démilitarisation du château de Châteauneuf qui se transforma progressivement en demeure de plaisance. C’est l’exemple typique de la transformation d’un ancien site à vocation défensive en lieu de plaisance et de villégiature. Ce château, qui témoigne de ce phénomène de mutation, fait émerger une problématique reposant sur la réutilisation en Bretagne, d’anciens sites défensifs à caractère militaire et leur transformation en lieu de résidence.
De plus, l’existence de ce château est fortement marquée par une lignée de propriétaires, seigneurs de Châteauneuf pendant plus de 250 ans, les Rieux, qui pourraient faire l’objet d’une étude approfondie.
 
 REPÈRES CHRONOLOGIQUES :
 
1047 1057  première mention de l’existence d’un lieu fortifié à Châteauneuf, attestée dans une charte de Saint-Georges de Rennes qui autorise la fondation d’un castellum à Nulliac, dans la vicomté d’Alet.
1117      lieu fortifié reconstruit sous les directives de Henri Ier, roi d’Angleterre et duc de Normandie, après un accord passé avec Conan III. Poste anglo-breton appelé château de Bure, comportant un donjon quadrangulaire construit en pierre.
1118 mort de Baudouin VII, comte de Flandre, dit « la Hache » au pied du donjon, lors d’une attaque des troupes françaises sur la Bretagne.
 1181 première mention faite de la forteresse de Châteauneuf, sous le nom de castellum de Nœs, dans l’enquête par Tourbe sur les domaines temporels de l’évêché de Dol.
vers 1250  première mention d’un seigneur de Châteauneuf nommé Thébaud de Rochefort.
1351 Bertrand du Guesclin et sa troupe s’établissent dans la forteresse de Châteauneuf de la Nouée, connue aussi sous le nom de Chasteauneuf de la Noe. Des travaux entrepris entre 1341 et 1381, améliorent l’aspect défensif de la forteresse.
1374 Jeanne, Dame de Rochefort et de Châteauneuf épouse Jean II de Rieux, maréchal de France. Par cette union Châteauneuf entre dans la famille de Rieux jusqu’à sa vente en 1681.
1441 date de réfection du château suite à la levée d’un impôt par Jeanne, Dame de Rochefort et de Châteauneuf, à partir de 1420, en ses terres et baronnies pour la réparation de ses forteresse.Date d’érection de la terre de Châteauneuf en baronnie.
1489 les Français s’emparent de la forteresse.
1589 le château est pris par les troupes du duc de Mercoeur (1558-1602).
1591 Châteauneuf abrite une compagnie de ligueurs de 50 arquebusiers à pied.
1592   en mars, une garnison royaliste sous le commandement du capitaine La Touraine est établie dans la place de Châteauneuf. Puis, les ligueurs, ayant repris possession des lieux en octobre, commencent à démilitariser la forteresse en décembre. Le donjon est en partie détruit et les canons aux armes des Rieux sont transférés à Saint-Malo.
1594 sur ordre du roi Henri IV la forteresse est démantelée.
avant 1610 reconstruction du logis par Guy II de Rieux, fils de Guy Ier et jugement à la Cour du Parlement suite aux doléances des habitants s’opposant à cette réédification.
vers 1625-1630 édification du « Petit Château » ou « Château Neuf », actuelle malouinière.
1681 vente judiciaire de la seigneurie de Châteauneuf et autres propriétés de la famille de Rieux, qui furent saisies par leurs créanciers. (Procès verbal du 22 septembre 1681)
1704 la seigneurie de Châteauneuf est érigée en marquisat par Louis XIV, en faveur de Jacques-Louis de Béringhen, Ier écuyer du roi. La juridiction de la seigneurie se composait de 55 bailliages et s’étendait alors sur plus de 25 paroisses.
vers 1730 le « Petit Château » est agrandi par la famille de Béringhen qui y accole un bâtiment de type malouinière.
1740 vente de la seigneurie par Henry-Camille de Béringhen à Etienne-Auguste Baude, seigneur de la Vieuville, issu d’une famille de riches négociants malouins. Il entreprend de supprimer définitivement le donjon ainsi que l’enceinte médiévale subsistant de la forteresse, et dresse les plans du parc, le plus long de Haute-Bretagne au XVIIIe.
1791       le 22 janvier, une troupe de 500 hommes armés envahit le château et brûle des archives provenant de la seigneurie de Coëtquen.
1793 Monsieur de la Vieuville est arrêté puis est conduit à Rennes où il est guillotiné le 15 floréal de l’an II, le 4 mai 1794, alors âgé de 81 ans.
1858 le fils du marquis de la Vieuville vend la propriété à Auguste Latimier du Clésieux.
vers 1880  1890  le propriétaire, le marquis d’Audiffret-Pasquier fait rénover le château par un architecte venu de Paris, les travaux de restauration sont entrepris surtout pour consolider l’ancien logis
1910 et 1921 la famille d’Audiffret-Pasquier vend les biens mobiliers du château à l’encan à un négociant puis vend l’ensemble de la propriété en 1921.
1930 Inscription des restes du vieux château sur l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.
1992 le 10 avril, Inscription du vieux château, de la malouinière et de l’ancien jardin sur l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.
1993 le 2 octobre, les éléments bâtis du château et de la malouinière ainsi que l’ancien jardin sont classés parmi les Monuments Historiques.